Recommandations générales

GUIDE PRATIQUE

EN RADIOLOGIE VASCULAIRE INTERVENTIONNELLE

 

RADIOPROTECTION

 

L’utilisation des rayons X, lors des procédures interventionnelles, expose à la fois le patient et les professionnels de santé à deux types d’effets indésirables.

 

Les premiers sont dits « déterministes » :

 

Ils se manifestent lorsque la dose reçue dépasse un certain seuil, et leur gravité est ensuite proportionnelle à la dose totale reçue. Leur première manifestation est classiquement cutanée (érythème) et s’observe lorsque la dose reçue à la peau en un point (dose maximale cutanée) dépasse 2 Gy. Ces complications apparaissent classiquement quelques semaines à quelques mois après l'exposition. Des expositions répétées sur une courte période peuvent également entrainer des lésions du cristallin (cataracte radio-induite).

 

L‘autre type d’effet observé est dit « stochastique » (ou aléatoire) :

 

Ils sont liés à une altération de la structure de l’ADN et sont principalement responsables de l’induction de cancers ou d’apparition de malformations dans la descendance. Il n’existe pas de seuil limite, et leur survenue ne peut être prédite, d’autant plus que ces complications apparaissent jusqu’à plusieurs années après l’exposition. L’évaluation de la dose efficace, au niveau d’un organe, est le reflet de sa sensibilité aux rayons X, et c'est souvent utilisée comme première approximation du risque de complications.

 

En pratique quotidienne, les patients sont essentiellement exposés au risque d’apparition d’effets déterministes (exposition importante lors d’une procédure). Le personnel de santé est pour sa part exposé de manière répétée à de faibles doses (rayonnement diffusé), et donc plus à risque d’effets stochastiques.

 

Il est donc nécessaire de respecter des règles de radioprotection élémentaires afin de limiter les risques tant pour le patient que pour le personnel de santé. De plus, l’utilisation des rayons X doit répondre au principe du « As Low as Reasonably Achievable » ou ALARA, ce qui revient à dire que lors d’une procédure, l’exposition minimale doit être recherchée pour assurer une qualité d’image suffisante à la poursuite de l’intervention en toute sécurité : compromis qualité d’image/exposition.

 

Les bonnes pratiques :

 

1) Le port des dosimètres (passif et opérationnel) au niveau de la poitrine permet de surveiller l’exposition des opérateurs, et donc d’évaluer les risques encourus. L’enregistrement prospectif de ces données est essentiel, d’autant plus pour les opérateurs jeunes qui seront exposés tout au long de leur carrière, et dont le risque d’apparition d’effet stochastique est plus élevé (espérance de vie plus élevée).

Certains centres disposent également de dosimètres relevant l’exposition au niveau des yeux ou des mains.

 

2) Le port de protections plombées comprend notamment:

Jupe & haut, Protège-thyroîde, Lunettes

Et éventuellement manchette couvrant la poitrine pour les femmes.

Attention à choisir une protection qui couvre également le dos.

 

3) Lors de l’intervention, positionner correctement les boucliers plombés et jupes de table

 

4) Privilégier le mode Scopie au mode Graphie. L’utilisation du mode Graphie doit être restreinte au strict minimum.

 

5) Toujours débuter les procédures à la cadence image la plus basse et en mode dose réduite. A paramètre du tube constant, pour une cadence de 7.5 images par seconde, l’exposition est réduite d’environ 90% en comparaison au mode continu. Lors de l’intervention, il est ensuite possible d’augmenter la cadence image ou la dose délivrée pour augmenter la qualité de l’image lors des temps difficiles.

 

6) Limiter la magnification (zoom). A titre d’exemple, passer d’un champ de vision 30 cm à un champ de vision 17 cm augmente l’irradiation de (30/17)²=3.1 fois.

L’utilisation d’un écran large, par rapport à un écran standard, est un procédé simple (mais plus cher) pour éviter d’avoir recours à la magnification.

 

7) Optimiser la collimation permet de limiter l’irradiation aux tissus avoisinants. De plus, en focalisant le faisceau, on diminue le rayonnement diffusé, et on augmente donc légèrement la qualité de l’image.

 

8) Prendre quelques pas de recul si possible lors des séquences en mode Graphie.

 

9) Minimiser la distance capteur-patient, et optimiser la hauteur de table

 

10) Limiter au maximum les angulations de l’arceau (<30° LAO et <15°CRA).

En effet, dans les angulations importantes, le rayonnement diffusé augmente de manière exponentielle. Dans la mesure du possible, il est donc recommandé de travailler au plus près de l’incidence antéro-postérieure.

 

Réf : Haqqani OP, Agarwal PK, Halin NM, Iafrati MD. Minimizing radiation exposure to the vascular surgeon. J Vasc Surg 2012;55:799-805)

 

11) L’analyse de l’imagerie préopératoire sur une station de travail en amont de l’intervention permet de repérer les angulations de travail dans lesquelles les structures d’intérêt seront le mieux visualisées lors de l’intervention.

Commentaires généraux :

 

• Ne jamais placer les mains dans le faisceau primaire.

• L’efficacité des gants plombés est controversée

 

Recommandations de la Société Française de Radiologie et sa Fédaration de Radiologie Interventionnelle.

Radiologie Interventionnelle pédiatrique : Problèmes spécifiques

 

Remerciements :

 

Hertault Adrien

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