Hygiène de la structure de RI

GUIDE PRATIQUE

EN RADIOLOGIE VASCULAIRE INTERVENTIONNELLE

 

LA STRUCTURE DE RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE

1 ACTES DE NIVEAU 1

Les gestes de niveau 1 (ponction guidée, diagnostique et/ou thérapeutique) s’effectuent généralement dans une salle de radiodiagnostic (radiologie conventionnelle, échographie, scannographie voire IRM dans un futur proche), généralement non dédiée à une activité de RI. La pratique de ces gestes implique des modifications substantielles du fonctionnement d’une telle salle, rendant le regroupement des interventions sur des plages horaires dédiées hautement souhaitable. Outre l’entretien quotidien habituel, l’élimination des déchets doit être réalisée à l’issue de chaque intervention, une désinfection par essuyage humide des surfaces en contact ou proches du patient devra également être faite, avant l’intervention suivante. Cette salle devra être maintenue à l’écart de toute irruption intempestive ; elle doit être équipée d’un poste de lavage et de désinfection des mains, et contenir le moins de matériels et consommables possibles, de préférence dans des armoires mobiles.

LES ACTES DE NIVEAU DE RISQUE 1 IMPLIQUENT UN ENSEMBLE DE MESURES ORGANISATIONNELLES VISANT A MAITRISER LE RISQUE INFECTIEUX

 

2. ACTES DE NIVEAUX 2 et 3

Pour les gestes de catégorie 2 et 3, l’aménagement d’une structure analogue à celle d’un bloc opératoire doit être la règle, selon les dispositions règlementaires (45) ; si cela n’est pas le cas, l’évolution de la structure en ce sens doit être un objectif fort dans un délai raisonnable. Qu’il s’agisse de la création d’un nouveau secteur ou de l’aménagement de locaux anciens, ce secteur, intégré au plateau technique d’imagerie, doit être indépendant, distinct du reste du département et bénéficier de locaux à ambiance maîtrisée compatible avec un niveau de performance ISO 7 dans les salles interventionnelles proprement dites (46), selon des règles d’accès contrôlé. A l’intérieur de ce secteur, la répartition des différents types de locaux doit obéir à un « zonage » selon le niveau de risque infectieux.

LES ACTES DE NIVEAU 2 et 3 DOIVENT OBEIR AUX REGLES D’UN BLOC OPERATOIRE, TANT EN CE QUI CONCERNE L’AMENAGEMENT QUE LE FONTIONNEMENT DE LA STRUCTURE

Ce secteur comporte 2 parties, séparées mais situées à proximité l’une de l’autre. (47)

 

2.1 Le secteur d’accueil et post-interventionnel

Il comporte une salle d’attente pour patients ambulatoires, mais qui peut être commune avec celle du service. Pour les patients devant bénéficier d’une intervention en ambulatoire, l’existence de chambres aménagées pour une hospitalisation de jour est souhaitable. Pour les malades hospitalisés, le changement de lit ou de brancard est recommandé. Ce secteur comporte une salle de surveillance post-interventionnelle ; elle doit se situer à proximité de la salle d’intervention, mais peut être commune avec celle des blocs chirurgicaux. Elle doit obéir au décret de 1994 régissant la sécurité anesthésique (48). Les règles d’hygiène de cette partie du secteur sont les mêmes que celles de tout secteur post-interventionnel.

 

2.2. Le secteur interventionnel proprement dit

Il est centré sur la salle d’intervention, à laquelle sont associés des locaux annexes, certains étant incontournables, d’autres facultatifs.

Lors de la rénovation, réaménagement, ou conception de nouveaux secteurs interventionnels, le secteur doit être conçu selon des circuits appliquant le principe de la « marche en avant » et le concept « d’asepsie progressive ». L’agencement et la construction des locaux, la nature des revêtements, la qualité des surfaces, l’ameublement doivent être pensés en collaboration avec les spécialistes de l’hygiène de façon, en particulier, à faciliter les opérations de nettoyage et de désinfection.

Dans les structures existantes, pour lesquelles les contraintes architecturales n’ont pas pris en compte ces préoccupations, les circuits et les procédures devront être définis en s’appuyant sur une réflexion multidisciplinaire spécifique à chaque structure.

•La salle d’intervention

Elle doit faire la synthèse des impératifs de qualité d’image, de radioprotection et des règles d’hygiène d’un bloc opératoire. La spécificité de la RI conduit toutefois à utiliser un certain nombre d’appareillages que l’on ne trouve pas dans un bloc chirurgical. Ces appareils (injecteur, échographe, et paravents plombés…) doivent être de préférence mobilisables stockés en dehors de la salle dans les périodes de non-utilisation. L’appareillage radiologique doit être optimisé, pour faciliter son nettoyage : la complexité des appareils implique parfois des protocoles spécifiques ; pour faciliter l’entretien, des gaines regroupant le câblage, les écrans et claviers tactiles, voire des claviers immergeables trouvent ici des indications. On veillera tout particulièrement, lors de l’acquisition d’appareils, à inclure les pré-requis relatifs au nettoyage et à la désinfection dans le cahier des charges. Les principes actifs (et non les produits, afin d’éviter d’être captif d’un produit) compatibles avec les matériaux doivent impérativement être précisés par le constructeur avant toute acquisition. Les faux-plafonds, les planchers techniques doivent être évités chaque fois que possible, car sources d’empoussièrement difficilement accessibles au nettoyage. La salle doit être à l’écart des flux de circulation, l’accès se faisant par des portes automatiques coulissantes.

L’ENSEMBLE DU PERSONNEL MEDICAL ET PARAMEDICAL DOIT ETRE FORME ET INFORME DES RISQUES ET DES MESURES A PRENDRE EN CAS D’EXPOSITION AU SANG ET LIQUIDES BIOLOGIQUES

 

2.3. Qualité microbiologique de l’eau

Pour l’ensemble de l’activité interventionnelle, une eau de qualité dite « eau pour soins standard » est adaptée, notamment pour l’hygiène des mains précédant la friction hydro-alcoolique. Une eau bactériologiquement maîtrisée pourrait être recommandée en cas de non-conformité persistante des paramètres de qualité microbiologique de l’eau, dans une équipe n’ayant pas adopté la friction hydro-alcoolique chirurgicale des mains (SF2H Recommandations pour l’hygiène des mains).

 

2.4. Nettoyage et entretien des locaux

Pour les actes de niveau de risque 2 et 3, les règles de nettoyage et de désinfection des locaux, doivent faire l'obet de protocoles de bionettoyage similaires à ceux d'un bloc opératoire. Ces protocoles sont établis en collaboration avec l'EOH (Equipe Opérationelle d'Hygiène), validés par l'établissement, diffusés et évalués. Leur application doit répondre aux exigences de traçabilité.

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