Hygiène des mains

GUIDE PRATIQUE

EN RADIOLOGIE VASCULAIRE INTERVENTIONNELLE

 

HYGIENE DES MAINS

C’est un élément fondamental qui repose sur une absence rigoureuse de bijoux au niveau des mains et poignets (alliance comprise) et fait appel

• Le lavage simple : il doit être fait par l’ensemble du personnel ; il utilise de l’eau pour soins standard et du savon doux liquide, suivi d’un essuyage par tamponnement avec des serviettes en papier à usage unique ; il doit être fait à la prise du service, à l’entrée de la structure, puis à l’occasion de tous les gestes de la vie courante. La friction hydro-alcoolique peut s’y substituer sur des mains dépourvues de souillures.

• La friction hygiénique des mains : la technique de référence est la friction hydro-alcoolique, effectuée sur des mains dépourvues de toute souillure et sèches, en dehors de tout contexte de portage de germe sporulant (Clostridium difficile) ou de parasite (gale). Elle doit être faite avant et après tout contact avec un patient, à chaque retrait ou changement de gants, entre différents temps d’un geste technique. C’est un procédé très efficace, sous réserve de respecter la technique (en 7 étapes successives) et d’attendre le séchage spontané du produit.

 

• La désinfection chirurgicale des mains : obligatoire pour les gestes invasifs assimilés à des actes chirurgicaux, la technique de référence est également la friction hydro-alcoolique, avec toutefois quelques particularités :

o Précédée à distance d’un lavage simple des mains, avec brossage uniquement des ongles

o Réalisation successive de deux frictions hydro-alcooliques des mains, la première comprenant les avant-bras jusqu’aux coudes, la 2ème comprenant les poignets

o Suivie de la mise en place des gants chirurgicaux. Le double gantage chirurgical est à privilégier [1], avec changement systématique de la paire externe de gants toutes les heures en cas d’interventions longues [2]

o Lorsqu’une bague dosimétrique est utilisée : la bague, préalablement nettoyée, par immersion dans un bain détergent-désinfectant, rinçée, séchée, puis par dérogation, désinfectée (face externe et face interne avec le produit hydro-alcoolique, est alors enfilée sur le doigt, la désinfection chirurgicale des mains intervenant en suivant, bague en place [3]

 

Le port de gants fait partie de l’hygiène des mains, mais il n’est indispensable que dans les situations suivantes

• dans les gestes invasifs, les gants étant alors stériles [2], [4], [5].

• en cas de compressions vasculaires [6], l’utilisation de gants devant alors être systématique, stériles ou non stériles

• en cas d’autre exposition prévisible au sang ou liquides biologiques et/ou dans des gestes de faible niveau de risque infectieux comme par exemple la mise en place d’un cathéter veineux périphérique ;

en cas de contact avec un patient connu comme étant porteur de certaines bactéries à haut niveau résistance aux antibiotiques, telles que ERG ou EPC [7], [8] ou de gale ;

en cas de contact direct avec des plaies cutanées ou des muqueuses du patient ;

lors de la manipulation de linge sale, déchets, ou de l’élimination de selles, urines ou tout autre produit d’origine biologique ;

en cas de lésions cutanées des mains du professionnel.

Dans ces cas, les gants seront à usage unique non stériles [9].

Un contact avec la peau saine, en l’absence de toute ponction, ne nécessite pas le port de gants, mais une friction hydro-alcoolique avant et après prise en charge [10].

 

 

Recommandations de la Société Française d'hygiène hospitalière

 

Recommandations de la Société Française de Radiologie et sa Fédération de Radiologie Interventionnelle.

 

1. CENTRE DE COORDINATION DE LA LUTTE CONTRE LES INFECTIONS NOSOCOMIALES DE L’INTERREGION PARIS-NORD . Hygiène en Radiologie invasive. Rapport d’audit .04/1997

2. JOHANNET H, CHOSIDOW D, MARMUSE et al. Le gant de chirurgie : quelles sont les fréquences, mécanismes et risque de leur perforation et de leur porosité ? Hygiènes 1997; 1: 39-42

3. VALDEYRON ML, PAIX V, GIRARD R, PERRAUD M. Validation d’une méthode de friction des mains portant une bague de dosimétrie Hygiènes 2009; 5: 393

4. JOFFRE F, OTAL P, JANNE D’OTHEE B. Plea for a « surgical conscience » in the interventional radiology suite. Cardiovasc Intervent Radiol 1998; 21: 445-447

5. GERBERDING JL, LITTELL C, TARKINGTON A et al .Risk of surgical personnel to patients’ blood during surgery at San Francisco general Hospital . New Engl J Med 1990; 322:1788-1793

6. BAFFROY-FAYARD N, pour le groupe de travail du CLIN Paris-Nord. Hygiène en radiologie interventionnelle: présentation d’un guide de bonnes pratiques . J Radiol 2002 ; 83 : 351-359

7. Note DGS/DHOS du 6 décembre 2006 relative à la prévention de l’émergence d’épidémies d’ERV dans les établissements de santé

8. Circulaire DGS/RI/DGOS/PF/2010/413 du 6 décembre 2010 relative à la mise en œuvre de mesures de contrôle des cas importés d’entérobactéries productrices de carbapénémases

9. Circulaire DGS/DH n° 98-249 du 20 avril 1998 relative à la prévention de la transmission d’agents infectieux véhiculés par le sang ou les liquides biologiques lors des soins dans les établissements de santé

10. SF2H Recommandations nationales : prévention de la transmission croisée : précautions contact

 

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