Port à Cath

GUIDE PRATIQUE

EN RADIOLOGIE VASCULAIRE INTERVENTIONNELLE

 

Port à Cath

 

Le Port à Cath : Ou chambre implantable ou chambre à cathér implantable est un réservoir d’accès vasculaire central, implanté sous la peau, pour l'injection de médicaments.

Indications :

Chimiothérapie essentiellement.

Objectif : Préserver le capital veineux.

Injections et perfusions médicamenteuses en continues.

Alimentation parentérale.

Faire des prélèvements sanguins.

Contre-indications :

Allergie au silicone.

Trouble de la coagulation.

Compression vasculaire.

Hémophilie.

Matériel :

La chambre implantable est constituée de 3 parties :

La chambre ou réservoir composé du septum en silicone : partie supérieure où sont faites les injections, constituée d'une membrane en silicone auto-obstructive.

Le cathéter : en silicone ou en polyuréthane radio-opaque qui relie la chambre au réseau veineux, il est fixé à la chambre par un système de verrouillage en acier.

Le système de verrouillage.

Conditions de mise en place :

Mêmes conditions que pour un cathéter veineux central (SF2H 2011)Précautions barrières maximales : asepsie type chirurgicale

Lieu d'implantation :

Dans notre service, nous le mettons à deux travers de doigt au dessous de la clavicule et en dedans du sillon delto-pectoral. La ponction se fait classiquement par la veine jugulaire droite.

Sinon, d'autres équipes le font par la veine sous-clavière droite.

 

Mise en place :

* La technique d’insertion est similaire à celle des cathéters tunnelisés à la seule différence de la création d'une poche sous cutanée pour la mise en place du boitier. (chambre implantable)

* Friction chirurgicale des mains de l’opérateur

* Tenue chirurgicale de l’opérateur

Cagoule, masque chirurgical, casaque chirurgicale stérile, gants chirurgicaux stériles.

* Préparation cutanée du patient région du cou, épaule et région mammaire homolatérale : détersion, rinçage, séchage, antisepsie avec antiseptique alcoolique

* Champ stérile (d'anesthésie)

* Charlotte de scopie

* Capotte d'échographie

* Changement de gants avant ouverture du Kit.

* Rinçage du matériel (KT, Aiguille, Désilet, Guide).

* Mise du boitier dans une cupule remplie de bétadine

* Anesthésie du point de ponction, du trajet de tunnélisation et du site d'implantation du boitier

* Ponction échoguidée de la veine jugulaire droite.

* Mise en place du guide 0.035 J teflonné.

 

 

* Petite incision au point de ponction et retrait de l'aiguille.

* Mise en place du désilet (fourni avec le kit).

* Création d'une poche ajustée à la taille du boitier (à peu près l'épaisseur d'un doigt). Le site d’insertion idéal se projette habituellement en regard de l’arc antérieur de la deuxième côte. Il faut que le boitier soit situé en sous-cutané avec une épaisseur de tissus sous cutanés appropriée pour ne pas courir de risque de nécrose cutanée, mais pas trop profond pour qu’il soit facilement ponctionnable (entre 5 et 10 mm).

* Petite incision (Max 1cm) et tunnélisation avec la tige métallique, qui doit sortir au même point de ponction.

* Test de manoeuvre d'apnée.

* Apnée, retrait de l'ensemble dilatateur du désilet et guide, mise en place du cathéter.

* Ne jamais retirer l'ensemble sans être sûr que le patient est déjà en apnée (Risque d'embolie gazeuse si le retrait se fait en inspiration)

* Retrait de la gaine, ou pelage.

* Ajuster la longueur du cathéter en scopie (inspiration profonde), il est conseillé de le mettre 1 cm plus long qu'il le faut (à réajuster après tunnélisation).

* Tunnélisation du cathéter tout en veillant à son incurvation, sans avoir de boucle.

* Réentrée du cathéter sous la peau, vérifier qu'il n'est pas retenu par une aponévrose.

* Contrôle en scopie de la longueur du cathéter et de son incurvation.

* Rinçage du cathéter.

 

 

* Mise en place du boitier après rinçage à la bétadine, ensuite à l'eau.

* Couper le cathéter à 10 mm au dessous de l'incision (afin de pouvoir le tenir pour le branchement).

* Mise en place de la bague.

* Branchement du boitier, cathéter tenu avec une compresse sèche.

* Verrouillage avec la bague.

* Rinçage et dernier contrôle scopique. Certaines équipes fixent le boitier avec deux points de suture.

* Fermeture en 2 plans (profond avec un fil résorbable et cutané avec un fil non résorbable).

* Un "Steri Strip" peut suffir pour le point de ponction jugulaire.

 

 

Risques et Complications :

Infection :

Asepsie rigoureuse, environnement propre, matériel stérile à usage unique.

Désinfection de la peau.

Mettre un masque au patient et lui faire tourner la tête.

Retournement de la chambre implantable :

Avant de la manipuler, repérer obligatoirement la chambre entre 2 doigts.

Pour piquer, ne jamais lâcher la chambre et toujours la maintenir.

Pour dépiquer, ne jamais lâcher la chambre et toujours la maintenir.

Thrombose veineuse ou obstruction du cathéter :

Avant d’injecter, s’assurer de la perméabilité du cathéter, vérifier le reflux à chaque manipulation, après le reflux, faire un rinçage abondant.

Remplir une seringue de sérum physiologique et pousser : si résistance, il y a obstruction, ne plus pousser.

Toujours rincer les chambres abondamment au moment du débranchement, du branchement et entre chaque traitement.

Risque d’extravasation : épanchement de produit injecté en dehors de la chambre avec diffusion dans les tissus péri-vasculaires.

CAT : Arrêter la perfusion mais ne pas dépiquer.

Délimiter les contours du territoire extravasé par un crayon dermographique indélébile.

Conserver le dispositif d'injection en place.

Aspirer 3 à 5 ml de sang pour retirer le maximum de produit anticancéreux.

Injecter 5 à 10 ml de sérum physiologique afin de diluer le médicament.

Puis aspirer à l'aiguille courte le maximum de produit infiltré.

Retirer le dispositif d'injection.

Risque de désunion du cathéter et de la chambre.

Risque d’embolie gazeuse :

Toujours travailler avec du matériel purgé.

Toujours manipuler en système clos.

Prendre systématiquement des seringues à pas de vis.

 

Règles de manipulation de la chambre implantable

* Toujours utiliser une aiguille à pointe de Huber : biseau tangentiel afin d'éviter d'enlever une carotte du septum de la chambre implantable.

* Utiliser une seringue à verrou : évite les problèmes d'étanchéité.

* Utiliser une seringue supérieure ou égale à 10 ml : pour ne pas exercer une pression trop forte qui pourrait entraîner une rupture du cathéter.

* Maintenir le système fermé et en pression continue : pour éviter une embolie gazeuse et le reflux sanguin dans le cathéter (risque de coagulation).

* Maintenir fermement la chambre entre deux doigts lors des manipulations : permet d'avoir un geste précis et efficace. Evite le retournement du boîtier et des douleurs.

* Piquer perpendiculairement : pour éviter de léser la membrane et la rendre perméable.

* Piquer jusqu'à la butée de l'aiguille : pour être certain d'injecter dans la chambre.

* Injecter du sérum physiologique avant toute injection médicamenteuse : diminue les risques liés à l'extravasation et les obstructions.

* Injecter sans exercer de pression trop forte : pour ne pas dépasser un éventuel thrombus ou de créer une rupture du cathéter.

* Vérifier l'état cutané avant tout soin : diminue le risque infectieux.

* Rincer la chambre après chaque manipulation : évite l'apparition d'un thrombus qui nuirait à la perméabilité du cathéter.

* Alcoolisation après passage de nutrition parentérale : évite l'obstruction du cathéter.

* Tout retrait d'aiguille de Huber ou gripper se fait en pression positive.

 

Soins infirmiers :

Soins en pré-opératoire

Lieu d’implantation décidé avec l’accord du patient.

Préparation psychologique du patient.

Préparation physique : douche antiseptique, rasage, habillement pour bloc chirurgical.

Soins en post-opératoire

Surveiller si hématome.

Surveillance d'un syndrome inflammatoire ou infectieux : température.

Ablation de fils vers J7 - J10.

 

Education du patient :

Donner un carnet de suivi, prévenir du de la chambre implantable avant tout examen.

Prise de douches possibles. Vivre normalement.

Ne pas mettre de bretelles, attention avec la ceinture de sécurité routière.

Proscrire les sports violents.

 

Surveillances

Surveiller les signes d’infection local (rougeur, écoulement, gonflement) et généraux (hyperthermie, sueur, frissons).

Surveiller l'apparition d'un hématome.

Surveiller et prévenir les risques lors de la manipulation.

Contrôle radiologique thoracique pour vérifier le bon positionnement de la chambre.

 

Recommandations de la Société Française de Radiologie et sa Fédaration de Radiologie Interventionnelle.

 

Remerciements :

Dr Bezerra Andréa

Dr Lazguet Younes

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